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Pourquoi l'ouvrage «de la gare à la ville»
Dès son apparition au milieu du XIXe siècle, le train a trouvé sa place dans le développement des cités et des territoires, formidable vecteur d'aménagement. Ainsi la gare, généralement construite à l'extérieur de la ville, a été souvent le point de départ d'un nouveau quartier qui finissait par rejoindre le centre-ville. En reliant les villes entre elles, le chemin de fer s'est non seulement intégré dans la cité mais a été à l'origine de grands projets urbains.
Présentation du livre
Depuis dix ans, l'espace de réflexion et d'action des urbanistes, ingénieurs, architectes et designers d'AREP est celui de la ville innervée par les transports et gagnée par la mobilité. Progressivement la problématique de la gare s'est élargie à celle du pôle d'échanges, puis s'est étendue à son environnement, au quartier, et souvent à la ville. Les commanditaires sont devenus plus nombreux : transporteurs, collectivités locales, investisseurs. Centrés à l'origine sur la France, de nouveaux sujets sont venus de l'international et tout particulièrement en Chine. L'ouvrage présenté témoigne de ce parcours qui va de la gare à la ville.
Modelé par le mouvement, l'espace urbain est depuis un siècle en perpétuelle mutation sous les effets successifs de la mécanisation des transports à l'entrée de l'ère industrielle, de la mise en réseau de modes diversifiés et, aujourd'hui, de l'avènement d'un homme de plus en plus mobile, expression d'un nomadisme moderne. Pour ce contemporain saisi par la mobilité, principal sujet d'étude d'AREP, il convient aujourd'hui de réorganiser la ville héritée du XXe siècle, avec ses réseaux juxtaposés et stratifiés, qui apparaît segmentée et morcelée jusqu'à la confusion. Cela consiste à rétablir le piéton dans ses droits et dans une dimension urbaine à son échelle. Celui qui conçoit l'espace public doit préserver cette dialectique entre le mouvement et le non mouvement, entre la vitesse et la lenteur, entre la foule et l'individu.
Pour offrir des lieux urbains du transport correctement adaptés à ce contemporain, il est donc nécessaire de prendre en compte plusieurs exigences apparemment contradictoires. Celles-ci ne constituent pas un frein à l'élaboration du projet architectural et urbain, elles l'enrichissent. Un processus de conception s'est mis en place, qui associe les professionnels et les commanditaires très en amont de l'élaboration du projet. Un peu à la manière chinoise, il s'agit de dépasser les contradictions et de fédérer les énergies. La démarche d'AREP part de l'utilisateur pour comprendre ses difficultés comme ses attentes ou ses désirs. Ceci se traduit notamment par l'impératif de rendre commodes, lisibles, sécurisés et confortables les parcours des utilisateurs en introduisant, entre autres, la lumière naturelle, la transparence, l'ouverture et la continuité urbaine. Ces études sont conduites, dans le cadre de la démarche de projet, par des équipes composées d'urbanistes, d'architectes, d'économistes, de paysagistes, d'ingénieurs et de monteurs d'opérations. Ils participent ensemble à l'élaboration du projet dans le cadre d'un dialogue permanent avec tous les commanditaires concernés. Tous ces acteurs du projet sont persuadés que leurs spécialités (sciences, savoir-faire ou arts) sont inutiles si elles ne sont pas confrontées entre elles, à travers le filtre d'une vision humaniste où l'homme prime.
La ville du mouvement et la ville en mouvement restent à dessiner. AREP s'y emploie pour faire en sorte que les gens vivent la mobilité dans un éveil des sens et en toute connaissance des lieux parcourus. Il faut faire du mouvement - du temps du déplacement - un moment plein et enrichissant! Procurer aux gens l'impression d'habiter le mouvement, les installer aussi bien dans la mobilité que dans la sédentarité : « être en mouvement comme chez soi ». La ville qui résultera de ce travail ne sera plus tout à fait comme avant. De nouvelles organisations urbaines vont voir le jour : AREP a pour ambition de continuer à inventer la ville et d'accompagner les nouveaux modes de vie en réconciliant mobilité et urbanité.
Identité d'AREP
AREP, créé en janvier 1997 par Jean-Marie Duthilleul et Etienne Tricaud, architectes et ingénieurs, est un bureau d'urbanisme, d'aménagement urbain, d'architecture, d'ingénierie, et de design.
En France, AREP aménage, conçoit et rénove les quartiers, les gares et les pôles d'échanges pour le Groupe SNCF, les Collectivités Territoriales et les transporteurs.
Du grand territoire au bâtiment, AREP réalise des projets à différentes échelles, prenant en compte la mobilité, l'identité des sites, le patrimoine, le développement urbain durable et la qualité environnementale.
Ainsi AREP a conçu ou rénové, à Paris, les gares souterraines du RER E, la gare Montparnasse, la gare du Nord, la gare de Lyon… en régions, les gares de Lille-Europe, Roissy Charles-De-Gaulle, du TGV Méditerranée, d'Angers Saint-Laud, de Marseille, du TGV Est ...
A l'international, AREP, avec le souci de se diversifier, réalise des équipements publics, des bureaux, des logements : en Belgique, en Italie, en Chine, au Vietnam, au Qatar, aux USA.
Marcel Bajard
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